L’éphémère
dimanche 24 décembre 2006 par Somanos Sar
J’ai vu le jour quand le soleil est parti.
Sur mes élytres tu as souris.
J’ai ouvert les yeux sur l’océan
Quand tu frémis contre ses hanches.
J’ai vu le jour au crépuscule
Où les nuages se bousculent,
Sous un ciel de feu,
Pour exhiber toute leur splendeur
J’ai vu le jour sur une plage,
Lors d’un vagabondage,
Quand sur ton bras je me suis posée,
Pour y laisser un doux baiser.
J’ai grandi dans la nuit
Lorsque dans ses bras tu gémis,
Sous la lumière des étoiles,
Quand la brise souffle sur les voiles.
Je me suis épanouie sous la lune,
Ouvrant les ailes dans la brume,
Pour sillonner dans vos rêves,
Le temps d’une nuit, une courte trêve.
Mais voilà déjà l’aurore,
Elle m’attend dehors.
Elle vient achever la nuit.
Elle vient réclamer ma vie.
Moi, l’éphémère,
Une vieille chimère,
Un bonheur illusoire,
En qui tu as voulu croire.
Moi, l’amour d’une nuit,
Je n’ai vécu que le temps d’une vie,
Une étincelle dans l’éternité.
Je sombre déjà dans l’obscurité.
Voici le soleil qui vient,
Pour moi, il sonne la fin
Ses feux déjà consument mes ailes,
Moi qui me croyais éternelle.
Bientôt poussière je serai,
Mais qu’importe, car je sais
Que désormais dans ton cœur,
J’ai laissé une trace de bonheur.
(c) Somanos Sar 2004
