Prix PPA 2008
mardi 25 mars 2008 par Somanos Sar
Un album photos en guise de compte-rendu de ce voyage qui a représenté à la fois la récompse, l’échange et la découverte mutuelle.
Discours de remise du Prix
Mesdames, Messieurs, merci pour votre présence si chaleureuse. Excellence, permettez-moi d’exprimer tout l’honneur d’être ici, devant vous, au sein de cet endroit particulier, à la croisée des destins et de l’Histoire. Mesdames, Messieurs les membres du jury, merci de m’avoir choisi. Merci surtout d’avoir su lire au-delà des lignes, jusqu’au fond de mon cœur. Sachez que pour moi, c’est la plus belle des récompenses.
Quelqu’un m’a dit un jour qu’on écrit toujours pour quelqu’un. Et c’est vrai. Ce livre a été écrit pour ma sœur, Thidima. Mais écrire, c’est aussi partager ce qu’on a au fond de soi-même, son essence, son âme, son vécu et les expériences qui s’en découlent. C’est enrichir ce que l’on a appris des autres, transmettre un patrimoine humain construit au cours des rencontres et des hasards du destin.
Alors, ce livre, c’est un peu tout cela. C’est un bout de ma sœur, une part de son héritage singulier, fait de force, de courage et d’amour, mais aussi de vide inqualifiable. Et puis, c’est aussi un bout de la vie, tout simplement… Peu importe si elle est réelle ou imaginaire, ordinaire ou fantastique, la question fondamentale est de savoir si elle a quelque chose de sacré. Et si oui, qu’est-ce c’est exactement ?
Parce qu’à un moment où l’histoire tente de faire ses comptes, ici, dans ce pays qui a sombré dans l’absurdité, faute justement de sens suffisant, l’excuse que l’on entend trop souvent est « j’ai tué, sinon c’était moi que l’on tuait ». Si on comprend bien, vivre, ou plus exactement rester en vie, justifie tout. Est-ce cela le sacré ? Vivre avant tout et au-dessus de tout ? Ou bien seulement le sens que l’on veut donner à son existence ?
J’ai eu une sœur et un père qui, dans l’adversité, ont choisi de perdre la vie plutôt que d’en perdre le sens, et l’amour et la liberté qui vont avec. Depuis, il m’incombe d’assumer leur décision, aussi longtemps que je vivrai. J’ai mis beaucoup de temps pour accepter cela. Mais maintenant, je veux être fier d’eux, parce que j’ai enfin saisi la force du message qu’ils ont voulu transmettre par delà le temps et la cruauté. On peut se tromper sur tout sauf sur le sens à donner à sa vie. Autrement ce sera tout, sauf une vie.
Mesdames, Messieurs, ce soir, permettez-moi de leur dédier cette récompense.
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Somanos Sar
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